Mardi 1 août 2006
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04:53
On part le lendemain (encore à l'aube) pour un trek de trois jours sur le Mont Rinjiani, point culminant de Lombok. Traversée en bateau puis liaison en 4x4 qui semble en sucre tellement le chauffeur ralentit au moindre trou dans la route, deuxième liaison en camionette avec tout l'équipement, un porteur et notre guide à qui l'on demande en route : "Il ne devait pas y avoir un deuxième porteur ?". On est rassuré par une tête qui apparaît à la fenêtre ; le deuxième porteur faisait tout simplement le voyage sur le toit. Le chauffeur nous fait encore plus rire que le premier en zigzagant dans les montées pour atténuer la pente. On rigole moins en apprenant qu'on doit porter notre propre sac. On attaque la montée et le guide a du mal à suivre et se plaint du genou. Du riz froid avec trois morceaux de poulet dans une feuille de bananier en guise de premier déjeuner. Heureusement le thé est délicieux. Arrivés au camp de base, on doit manger notre dîner (excellent cette fois) dans la tente car il n'y a plus de place autour du feu.
On dort tous dans la même tente car notre guide nous taxe gentiment l'autre. On commence à comprendre pourquoi on a payé deux fois et demi moins cher qu'avec une autre agence.
On commence l'ascension à trois heures du mat', habillés comme des réfugiés roumains, encore ensommeillés. Ca nous donne l'impression d'aller nuitemment aux toilettes au fond du jardin ... sauf que le fond du jardin est à trois heures de marche.
La montée finale, en gravas, est fatale, du genre "un pas en avant, deux pas en arrière". Audrey puise au fond d'elle-même la force d'aller au bout.
Une fois au sommet, le soleil émerge du tapis de nuages et projette au loin l'ombre du Rinjiani. Au milieu de cet immense cratère pointe un second cratère parfaitement conique qui borde le lac central. On peut voir les îles Gili et Bali où l'on devine le Mont Agung.
Le retour au camp de base est facile mais à 9 heures, après 5 heures de marche, la journée ne fait que commencer. On poursuit la longue descente jusqu'au lac où le guide nous fait arrêter pour déjeuner, dans le seul coin à l'ombre.
On est claqué, les genoux font souffrir, le sac aussi. Il faut remonter sous la pluie qui fait son apparition. C'est quasiment de l'escalade tellement on grimpe. Manu marche sur son poncho et le porteur a mal fermé le sac plastique sensé protéger mon duvet de la pluie. Le sac à dos paraît plus lourd que jamais.
On attaque enfin la descente finale mais on s'arrête moins loin que prévu, pour ménager le genou douloureux d'Audrey, après 11 heures de marche.
Cette fois, on garde notre deuxième tente mais ces manchots n'ont pas pris assez de sardines pour fixer le double-toit. Nos fringues sont aussi trempées que la veille et on n'a plus d'eau.
Heureusement, le sentier final à travers la foret est très joli. Notre guide était vraiment un vrai tocard (mais nous a fait vraiment rire avec le recul) et la vue depuis le sommet du Rinjiani restera gravée dans nos mémoires.
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